Gendarme au 18ème siècle
 








 






  

ci-dessus : La gendarmerie
vers 1910

 



ci-dessous : rue de la gendarmerie
avec à gauche la gendarmerie




 
gendarme en 1904


 
gendarme en 1965

 


 



gendarme de nos jours

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 






Presque aussi vieille que la gendarmerie nationale elle-même

Sait-on que l'existence d'une brigade de gendarmerie à Calvinet est presque aussi ancienne que la gendarmerie elle-même au plan national?

C'est en effet de 1791, sous la première Assemblée Législative de la Révolution française, que date l'appellation de "Gendarmerie nationale". Auparavant, sous la surveillance des "grands chemins" s'appelait la maréchaussée. Ses missions essentiellement répressives étaient beaucoup moins étendues que celles de la nouvelle gendarmerie.

C'est en 1798, sous le Directoire, qu'une loi du 28 Germinal de l'an VI, a codifié les principes d'action et les missions en matière de police administrative et judiciaire. Ce sont fondamentalement les mêmes aujourd'hui.

En 1791, Calvinet dépend de la brigade de Maurs qui a également en charge Cassaniouze et Sénezergues. Il en existe seulement six pour tout le district d'Aurillac, toutes à cheval eu égard aux longues distances à couvrir dans les forêts profondes de l'époque. C'est alors que l'on parle de la création d'une septième à Montsalvy.

Les choses traînent en longueur En avril 1798 une loi autorisant la création de 453 brigades supplémentaires en France est promulguée. En 1799 les gendarmes s'installent donc à Montsalvy. C'est l'époque où Louis-Benjamin de Pelamourgue, dit "Monsieur de Cassaniouze", de retour d'émigration, ses biens ayant été confisqués et vendus en 1794 comme "biens nationaux", sème, pour se venger, la terreur dans la région à la tête de sa bande. Vols de bétails, coups de feu, pillages de récoltes, assassinats se succèdent. Pélamourgue ne sera finalement abattu qu'en 1801, du côté de Prunet à la suite d'une embuscade tendue contre lui et ses complices par les forces de l'ordre. Ces faits ne sont sans doute pas étrangers à la création d'une brigade à Calvinet un an seulement après celle de Montsalvy en 1800.

Elle couvre alors, outre Calvinet, les communes de Cassaniouze, Mourjou, Saint-Antoine, Sansac-Veinazès et Sénezergues, six au total.

Une seconde naissance

Cette brigade n'aura qu'une existence éphémère. Une vingtaine d'années sans doute : jusqu'au rétablissement de la royauté après la chute de Napoléon 1er.

Toujours est-il que, le 6 août 1850, le conseil municipal de Calvinet se réunit pour réclamer "l'établissement d'une nouvelle brigade de gendarmerie à cheval". Y participent le maire M. R. Darses et les conseillers municipaux Goubert, Pistre, Manhès, de Bonnafos, Bouquier, Revel du Bos et Puech.

C'est que "l'administration supérieure" a reconnu la "nécessité" d'établir une gendarmerie entre les cantons de Maurs, Saint-Mamet et Montsalvy cause des repaires qu'offrent aux insoumis et malfaiteurs les sites escarpés et presque inaccessibles" de la région.

Calvinet est d'autant mieux placé pour la recevoir que le bourg "offre de très belles maisons très propres à loger la gendarmerie, une place publique étendue et très bien disposée pour la manoeuvre de la cavalerie, qu'enfin six foires renommées s'y tiennent de temps immémorial les 20 mars, 23 avril, le lundi avant la Pentecôte, le 25 août et les 8 et 9 novembre..."

Il y a concurrence avec les communes voisines qui sont elles aussi sur les rangs. Alors tous les moyens sont bons pour que Calvinet soit mis en valeur !

Qu'on en juge : "Considérant que le bourg renommé dès l'antiquité pour une des principales forteresses de l'Auvergne, une Justice Royale d'Appel, sa place de ville forte détruite en partie par les invasions étrangères et les guerres de Religion... marquent une admirable position centrale entre les chefs-lieux de cantons de Maurs, Montsalvy, Saint-Mamet, Conques et encore Rodez et Aurillac..."

Nous sommes en 1850.

L'avis du Parquet d'Aurillac sur "l'opportunité de la création d'une brigade de gendarmerie à pied à Calvinet" arrive... 25 ans plus tard, le 9 août 1875. Il est positif. Il se base sur le fait que l'éloignement de Calvinet de ses voisins des autres brigades amène "Une liberté excessive et l'impunité presque assurée aux délits qui s'y commettent..."

Il y a donc de multiples avantages à cette création d'autant plus qu'aux constats des "délits qui se commettent sur ces points à l'abri de la surveillance de chaque jour... elle facilitera la tâche des brigades voisines dont l'action plus restreinte deviendra bien plus efficace..."

La réponse tombe 8 mois plus tard, le 16 mars 1876, directement dans une note du ministère de l'Intérieur; Direction de la Sûreté Générale. (Ce n'est que plus tard que la gendarmerie dépendra du ministère de la Défense nationale). C'est l'acte de la deuxième naissance de la brigade calvinétoise.

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"Au feu ! Au feu..."

Les années passent. La caserne est installée dans un immeuble sur la route de Cassaniouze, loué à M. de Bonnafos.

En 1941, l'état-major s'adresse à la commune en lui demandant de se préoccuper des conditions matérielles des gendarmes qui sont, semble-t-il trop élémentaires. Le conseil municipal envisage donc trois solutions : acheter et transformer la caserne initiale, en construire une et la louer à la gendarmerie ou céder gratuitement un terrain à l'État, afin qu'il construise lui-même. Tout tombe à l'eau pour cause de Deuxième Guerre mondiale.

En 1946, une menace plane : Si les réparations ne sont pas faites, la brigade déménagera. La commune achète donc l'immeuble (900.000 F de l'époque - des centimes d'aujourd'hui !) et prévoit 200.000 F pour les réparations et les frais de notaire. La caserne comprend alors, outre les logements, un bureau, deux cellules de garde et un jardin de 200 m2.

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La gendarmerie actuelle

En 1971, nouveaux problèmes. Le Maire, M. Géraud de Bonnafos, demande au conseil "d'examiner la possibilité de construire une nouvelle gendarmerie du fait que les logements de celle que nous possédons ne correspondent pas aux normes actuelles exigées par les ménages de gendarmes..." Un double projet, soit de moderniser les anciens locaux, soit d'en construire un neuf est adopté à l'unanimité par le conseil. En juillet 1971, c'est la solution du neuf qui est définitivement retenue. Dès octobre l'achat d'un terrain de deux mille m2 est effectué presque en face de l'ancien bâtiment.

Un événement non inscrit au programme va en hâter la réalisation : le feu !

Le dimanche 13 février 1972 vers minuit, la femme d'un gendarme entend soudain un étrange sifflement venant du toit. L'alerte est donnée. Le feu fait déjà rage dans les combles.

Tandis que femmes et enfants quittent précipitamment les lieux emportant un maigre bagage et sont recueillis dans les hôtels voisins où on les réconforte, les gendarmes, bientôt aidés par les pompiers et de nombreux volontaires calvinétois essayent d'enrayer le sinistre. Il est déjà trop tard. A trois heures du matin il ne reste plus que quatre murs noircis et quelques trous béants des portes et des fenêtres... Par bonheur il n'y a eu qu'un seul blessé léger, à la tête : un gendarme.

Mais les dégâts sont considérables. Rien n'a pu être sauvé. Quelques heures plus tard, les autorités départementales arrivent sur les lieux. M. de Bonnafos a la surprise de reconnaître dans le colonel commandant la circonscription de gendarmerie, un camarade de promotion de Saint-Cyr. La question qui se pose est simple: que va-t-on faire de la brigade ? La déménager provisoirement ? Danger : on le sait le provisoire risque de devenir définitif ! Finalement une solution de bon sens est arrêtée. Les ménages de gendarmes seront logés chez l'habitant : les volontaires ne manquent pas ! Le terrain pour la future caserne étant acheté, on accélérera les procédures et les travaux.

Les nouveaux bâtiments vont coûter quelque 650.000 F (lourds). Ils seront achevés le 31 décembre 1973 et inaugurés en grande pompe. La brigade ne comptait que cinq hommes. Pour accueillir un sixième, il faudra aménager un nouvel appartement en 1983. Coût 430.000 F à lui seul, l'inflation est passée par là !

Désormais la brigade couvrira trois communes de plus : Leynhac, Fournoulès et Marcolès, soit un territoire de 20.400 hectares.

Elle regroupe aujourd'hui 9 communes pour 3179 habitants et même près du double en période estivale.  Cela représente 1 policier pour 530 habitants (moyenne nationale : 1 pour 252). Cette brigade a donc une importance stratégique par sa position géographique éloignée des 2 chefs-lieux de canton (17 km de routes sinueuses). D'autre part, la D 601 est l'axe  Aurillac-Rodez le plus direct, passant par Conques. Elle est appelée à une fréquentation de plus en plus importante après sa rénovation en cours. Enfin, la présence de nombreuses personnes âgées, de résidences secondaires, fermes et hameaux isolés nécessite un travail de prévention permanent.

Quant à l'ancienne caserne, réparée et aménagée, elle est devenue depuis 1978, on le sait, la Salle des Fêtes de la commune. Ainsi depuis, tout près de deux siècles, Calvinet a-t-il toujours fait les efforts qu'il fallait pour défendre et conserver "Sa brigade de gendarmerie".



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